Archéofact enr.
Michel Cadieux
 

 



 
 

 

          Accueil


Nouveautés
Autre texte sur Michel Cadieux
L'archéologue Michel Cadieux soulève les passions au Centre d'interprétation du Site Droulers
 
 
 
 
 
 

Pour la conception de vases, Michel Cadieux s'en tient à la méthode dite colombin qui consiste à tourner sur lui-même un serpent de glaise. À l'avant-plan, un vase iroquois du 15e siècle qui se transportera à Coteau-du-Lac et Melocheville. - (Photo : LE JOURNAL)



Du Centre d'interprétation du site Droulers / Tsiionhiakwatha de Saint-Anicet, entre 1996 et 2000, Michel Cadieux a touché à tout ou presque dont ces maisons longues amérindiennes.


Archéologue domicilié dans le secteur Grande-Ile, Michel Cadieux initie les visiteurs à la taille de pierre au Centre d'interprétation du site Droulers à Saint-Anicet.

Le Journal St-François - Édition du 24 août 2005

L'archéologue Michel Cadieux soulève les passions au Centre d'interprétation du Site Droulers

Marie-Josée Bétournay

Dans le cadre de ses activités estivales, le Centre d'interprétation du site Droulers/Tsiionhiakwatha de Saint-Anicet a invité Michel Cadieux le dimanche 14 août.

Personnage réputé pour la reproduction de maquettes et d'objets amérindiens, le Campivallensien a échangé avec une vingtaine de personnes sur la préhistoire et l'occupation des territoires québécois en plus d'initier les gens à la taille de pierre.

Ce n'est pas la première fois que M. Cadieux franchissait les portes du Centre d'interprétation. En fait, il connaît très bien les lieux pour y avoir conçu maints objets entre 1996 et 2000. Les maisons longues, les répliques d'objets et des pièces du mobilier prenant place au musée sans oublier les maquettes de l'exposition Les trois soeurs ont tous un jour ou l'autre été imprégnées des mains de l'artiste. "Qu'est-ce que je n'ai pas fait", affirme en riant Michel Cadieux qui avoue avoir touché à tout ou presque au sein du Centre d'interprétation.

Des réalisations en région... et ailleurs
Ce projet n'est pas le seul à avoir aidé à la bonne réputation de l'homme. En 30 ans de carrière, Michel Cadieux a contribué à plusieurs projets répartis aux quatre coins du Québec. En région, le Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson de Beauharnois, secteur Melocheville, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges de Vaudreuil-Dorion et le Lieu historique national du Canada de Coteau-du-Lac ne sont que quelques endroits où l'artiste a laissé sa trace.

Plus loin, le talent de Michel Cadieux s'est transporté au ministère de la Culture et des Communications du Québec, à l'Université de Montréal, au Cosmodôme de Laval et au Centre d'interprétation du Patrimoine de Sorel, pour ne nommer que ces endroits.

L'hiver dernier, le Campivallensien de 52 ans domicilié dans le secteur Grande-Ile a travaillé à la reproduction d'un village huron érigé en 1650 sur les lieux de la Maison des Jésuites de Sillery, à Québec. Il lui aura fallu deux mois de travail et de recherches intenses pour donner vie au village qui a été la proie des flammes en 1657.

Les maisons huronnes, les tentes branlantes amérindiennes, l'église et surtout le reflux des vagues d'un cours d'eau voisin... rien n'a été oublié pour faire revivre cette tranche de vie à la population. Cette maquette fait d'ailleurs l'objet d'une exposition permanente.

Présentement, de son atelier, il termine un vase iroquois du 15e siècle qui servira tant au Lieu historique national du Canada de Coteau-du-Lac qu'au Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson.

Pas un historien
Malgré toute la recherche que demande la conception de maquettes, Michel Cadieux ne se décrit pas comme un historien pour autant. Mais l'homme précise que l'archéologie se veut un métier multidisciplinaire en soi. "Quand on me demande de faire une maquette, un morceau de poterie, il y a de la recherche en dessous de cela", affirme-t-il.

L'archéologue "sans papier" se réjouit que les gens trouvent de plus en plus d'intérêt pour la préhistoire. "Ça permet aux gens de constater qu'on a reçu un héritage des Amérindiens. On a hérité de leur culture et l'inverse est aussi vrai", souligne-t-il.

Peu exploité encore ici, le Québec compte à lui seul que quatre tailleurs de pierre alors qu'aux États-Unis on en retrouve plus de 300. Michel Cadieux explique cette situation par le fait qu'aucune formation académique ne permet aux intéressés d'approfondir leurs connaissances. "Ça ne s'apprend pas à l'université la taille de pierre. Mes professeurs, ce sont les dizaines de milliers d'objets", précise-t-il. Il lui aura fallu notamment 10 années de recherche et de tentatives pour mettre la main sur la recette de céramique qu'il utilise aujourd'hui.

Du sang amérindien dans les veines
Même s'il est porteur de sang amérindien dans ses veines, Michel Cadieux s'empresse de préciser que ce n'est pas pour cette raison qu'il a fait de la taille de pierre une véritable passion.

À preuve, le Campivallensien a su qu'il possédait tant du sang abénaquis de son père que du sang iroquois de sa mère à ses 21 ans, soit bien après avoir taillé ses premières pierres.

L'homme qui se concentre aujourd'hui sur la taille de pierres et la conception de maquette avoue s'ennuyer à l'occasion des fouilles sur le terrain. S'il a éliminé cette facette de l'archéologie, c'est parce qu'elle implique plusieurs choses à la fois. "Ce n'est pas juste de fouiller dans le sol. Ce sont les laboratoires après. Il faut que tu prépares les choses pour l'interprétation", mentionne-t-il.

Pour la clôture de sa saison estivale, le Centre d'interprétation du site Droulers / Tsiionhiakwatha invite la population à déguster des mets amérindiens le dimanche 28 août. Les visiteurs pourront ainsi se mettre en bouche la sagamité, une soupe de maïs, du maïs braisé ainsi que du poisson fumé. Par la suite, le Centre d'interprétation ouvrira ses portes tous les week-ends seulement et ce, jusqu'en octobre.

   







Copyright © 2004Webmestre Alexandre Lecompte . Tous droits réservés.